La mission InSight s’est posée sur Mars il y a presque un an maintenant. Elle y a, depuis, grâce à Seis, enregistré un certain nombre de secousses sismiques. Et la Nasa vient de mettre en ligne des fichiers sonores de deux d’entre elles.

Mars n’est pas une planète morte. Elle respire encore. Et en tendant un peu l’oreille, il est possible de percevoir son souffle. Ses battements de cœur, plutôt. En tendant l’oreille ou en écoutant les enregistrements réalisés par Seis – pour Seismic Experiment for Interior Structure -, un sismomètre français d’une extrême sensibilité, posé à la surface de la planète Rouge par la mission InSight. Il avait détecté son premier tremblement de Mars en avril dernier. Depuis, il a enregistré plus de 100 évènements dont au moins 21 correspondent très probablement à des séismes.

Et la Nasa vient tout juste de mettre en ligne des fichiers sonores correspondant à deux des tremblements de Mars jugés les plus représentatifs de l’ensemble. Le premier est survenu le 22 mai dernier, au 173e jour de la mission et le second, le 25 juillet, au 235e jour de la mission. Notez que ces fichiers ont été retravaillés, car les enregistrements d’origine sont de fréquences bien trop basses pour être audibles à l’oreille humaine.

Pour rêver un peu, il suffit d’écouter les bandes-son ci-dessous. « C’est très excitant, surtout au début, d’entendre les premiers sons venant de la mission », confirme Constantinos Charalambous, membre de l’équipe scientifique d’InSight. De quoi donner un aperçu tangible de ce qui se joue à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de notre Terre, sur le sol de Mars.

Des sons en direct de Mars

Et de retour à la réalité, la Nasa nous apprend que ces enregistrements révèlent que la croûte martienne serait comme un subtil mélange de la croûte terrestre et de la croûte lunaire. Sur Terre, l’action de l’eau permet de remplir les failles de minéraux. Les ondes sismiques peuvent ainsi s’y propager de manière ininterrompue. Dans des sols secs comme celui de la Lune, les fractures sismiques ne se referment pas. Elles provoquent la dispersion des ondes qui peuvent résonner pendant des dizaines de minutes.

Les chercheurs de la Nasa précisent également qu’avant d’obtenir ces sons étonnants, ils ont dû beaucoup travailler. Car la sensibilité de Seis est telle qu’il enregistre aussi beaucoup d’autres sons. Des rafales de vent, bien sûr, plus présentes le jour que la nuit.

Et le soir, ils ont aussi entendu des sons étranges qu’ils qualifient de « dinks and donks ». Des sons dus probablement à des pièces sensibles du sismomètre qui réagissent – en se contractant et en se dilatant – aux pertes de chaleur. Un peu comme les pièces d’un moteur que l’on vient de couper et qui continue à se plaindre.

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