Cette synthèse sur l’érosion des plages bretonnes est la première du genre dans cette région. À partir de différentes campagnes de photographies aériennes (photos prises à la verticale) au moyen des avions de l’Institut géographique national (IGN), ces derniers ont mesuré le recul ou l’avancée du trait de côte au cours des 60 dernières années sur les 335 km de plages (652 plages, longues de 10 m à 5 km, situées entre le Morbihan et le Mont Saint-Michel).

Mais pas sur les falaises et les estuaires. « Nos résultats mettent en évidence que 35 % du linéaire étudié sont en situation d’érosion, 38 % sont stables et 27 % sont en avancée, explique Pierre Stéphan, du Laboratoire Littoral Environnement Télédétection Géomatique (CNRS-UBO), à Brest-Plouzané.

« Un bilan pas si négatif »

« Un bilan qui n’est pas si négatif que celaqui est probablement dû au caractère très découpé de la côte bretonne où de nombreuses plages sont stabilisées par des pointes rocheuses, à la différence des grandes plages de Gironde et des Landes par exemple, observe le géographe. En effet, certaines plages récupèrent leur volume de sable à 80 % en quelques jours comme la plage Porz Milin près de Brest (Finistère) voire en quelques années comme le sillon de Talbert à Pleubian (Côtes-d’Armor), une flèche littorale composée de galets et de sableEn certains endroits, on peut donc parler de résilience ».i Pourquoi lire La Croix ?+La Croix vous explique, avec lumière et clarté, le monde qui vous entoure, afin que vous puissiez bâtir votre opinion.

Cette étude a également analysé l’impact des tempêtes sur cinq plages. Six périodes d’érosion ont été reconnues depuis les années 1950 (périodes 1962-1968, 1977-1978, 1980-1985, 1987-1990, 1993-1997, 2013-2014). « Ces séquences d’érosion sont la conséquence de tempêtes plus fréquentes, coïncidant avec de forts coefficients de marée », insiste Pierre Stéphan.

Enfin, des suivis topographiques de 10 plages menés depuis une quinzaine d’années mettent en avant le rôle du climat dans l’érosion côtière, en particulier celui de l’oscillation nord-atlantique, cet indice basé sur les différences de pression atmosphérique et qui permet de prévoir la trajectoire des tempêtes.

Cette recherche devrait être prise en compte dans la perspective d’une meilleure gestion des côtes bretonnes dans le contexte actuel de dérèglement climatique associé à l’élévation du niveau de la mer (environ +3,5 mm/an depuis les années 1990) et un renforcement du régime des tempêtes. Elle devrait notamment faciliter le repérage des plages, ou parties de plages, qui ne récupèrent pas leur sable, gravier et galets.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Prière d'écrire votre commentaire
Prière d'entrer votre nom ici