Dans des zones reculées et préservées de l’ouest américain, des chercheurs ont réalisé des prélèvements d’eau de pluie et d’air. Leurs résultats sont plus qu’inquiétants. Un millier de tonnes de microplastiques pollueraient ces endroits pourtant éloignés des activités humaines.

Les microplastiques (qui mesurent moins de 5 millimètres) sont partout : dans le fond de l’océan au sommet des montagnes et désormais dans la pluie qui tombe. Dans la revue Science du 12 juin 2020, des chercheurs américains ont échantillonné l’air mais aussi les eaux de pluies dans des zones protégées de l’ouest des États-Unis.

Leur conclusion est alarmante : durant les 14 mois de leur étude, ils ont calculé qu’il a plu 1.000 tonnes de microplastiques annuellement sur des zones préservées aux États-Unis. C’est l’équivalent de 120 millions de bouteilles en plastique. Si l’expérience a été menée aux États-Unis, les autres régions du monde sont sûrement aussi soumises à cette pollution insidieuse.

Des microplastiques récupérés dans une zone reculée de l'ouest des États-Unis. © Janice Brahney, Université de l'Utah

Des microplastiques récupérés dans une zone reculée de l’ouest des États-Unis. © Janice Brahney, Université de l’Utah 

Des microfibres de plastique emportées par le vent et la pluie

Les scientifiques ont étudié les retombées des microplastiques selon deux conditions : une sèche et l’autre humide. Un collecteur a été disposé pour chaque zone. Le premier s’ouvre lorsqu’il détecte de la pluie, il correspond aux microplastiques entraînés dans les milieux humides. Le second collecteur se ferme en temps pluvieux et s’ouvre quand le soleil pointe, il permet de récupérer la pollution plastique charriée par le vent.Voir aussiNotre dossier sur la production mondiale de plastique

Comme on pouvait s’y attendre, les particules plastiques emportées par le vent sont plus petites et légères que celles entraînées par la pluie. Pour les deux conditions, ce sont les microfibres plastiques issues des vêtements qui sont les plus présentes : 66 % pour le collecteur humide et 70 % pour le collecteur sec.

Dans cette expérience, il se dépose en moyenne 132 microparticules de plastique par mètre carré chaque jour. Rapporté à la surface des zones protégées américaines, cela équivaut à 120 millions de bouteilles plastique tombant du ciel chaque année sur ces espaces sauvages. Une tendance qui ne va pas s’inverser puisque l’organisation Ocean Conservancy estime qu’en 2025, il y aura une tonne de plastique pour trois tonnes de poissons.

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